HOLLYWOOD !!!

Eh oui, comme indiqué dans le billet précédent à propos de John Williams, j'ai fait une petite virée à la capitale mondiale de cinématographie de masse. Et la Cité des Anges, aussi, tant que j'y étais.

Hollywood, Vendredi Soir.

L'arrivée est en elle-même éprouvante. A peine sorti de l'aéroport, l'air frais et sec s'engouffre dans mes poumons, craquelant au fur et à mesure que l'humidité de Floride quittait chaque recoin de mes bronches. La nuit s'est abattue sur la Cité des Anges, paisible, tranquille. Je prends le Metro Rail, cet ange de fer et d'acier où toutes classes confondues s'emmêlent et se fondent dans ses ailes vitrées. Je sens Hollywood monter en moi, le tapis rouge, les feux des caméras et des projecteurs, brûlant sur mon front en sueur.

Hollywood / Vine St. Mon arrêt. Je sors du wagon. Les bobines dorment sur les parois du métro, me regardant de leurs yeux écarquillés, vides. Les ornements en feuilles vertes tombent des colonnes, vestiges d'une ère cinématographique vieillissante et déchue. Les escalators me crachent à l'air libre, dans une rue sombre et presque déserte : je suis pourtant à bon port. Hollywood Blvd, me murmure une indication.

Je me faufile dans ce boulevard sombre, évite clochards et jeunes fêtards. Les lanières du sac à dos ancrées dans mes poings, j'ai peur. Hollywood, ce n'est pas ça. C'est la gloire. La beauté. La joie. La fête. Mes rêves s'effondrent. Je me glisse alors dans une rue perpendiculaire, je m'approche de mon hôtel. Le Capitol Records Tower fait triste mine, sa flèche art-déco illuminant à peine son propre toit.

Mon hôtel. Enfin. Dormir. La porte ? Fermée. Verrouillée. Pas de concierge. Un bouton. J'appuie. Ça sonne. Une voix dormante me demande ce que je veux. Entrer bien sûr. On m'annonce que c'est fermé. Mais je ?.. Réservation ! Preuve ! La porte s'ouvre et grince lentement...

Une vieille femme me regarde, les valises sous les yeux, les cheveux désordonnés, et me reproche de ne pas être venu checker plus tôt. Je m'en excuse. Dans un grommellement, elle me tend une clé, un code griffonné sur un bout de papier, m'annonce deux ou trois règles, puis claque la trappe en plexiglas. Hagard, je monte les quelques marches, fatigué, tape le code de la porte d'entrée, et m'affale dans le lit. Les cafards viennent saluer mon arrivée, je tapote sur mon téléphone pour mettre mon alarme. Je m'endors, effrayé de ce qui allait m'attendre le lendemain.

Monde de merde.